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Maison des Cultures du Monde
101, boulevard Raspail - 75006 Paris
M° Notre-Dame-des-Champs, Rennes ou Saint-Placide
Pour leur 13ème journée d’information juridique, les centres de ressources du spectacle vivant : CND, CnT, HorsLesMurs, Irma et le Cipac (pour le secteur des arts plastiques) s’intéressent, à partir d’exemples pratiques, à la gestion des risques et responsabilités lors de l'organisation d'évènements artistiques.
Vous trouverez ci-après le programme détaillé de cette journée d’information destinée aux professionnels. L'organisation d'évènements artistiques : gestion des risques
Atelier 1 - Accueil du public, sécurité des lieux et des biens : br /> - Quelles règles en matière d'accueil du public, dans des établissements destinés à l’accueil du public ou dans d’autres lieux ?
- Qui est responsable à l’égard du public : le producteur, l'organisateur, les partenaires...?
- Comment assurer la sécurité des biens : transport des oeuvres, des décors, des costumes...?
- Quelles assurances ?
Atelier 2 - Acteurs de l'événement artistique : qui est responsable ?
- Organisateurs, diffuseurs, producteurs, artistes, techniciens, travailleurs indépendants, prestataires, bénévoles, stagiaires...
- Quelles mesures mettre en oeuvre pour la sécurité des personnes participant à l'événement artistique ?
- Qui est responsable en cas d’incident ?
- Quelles responsabilités en matière de droit social ?
- Peut-on limiter sa responsabilité par le biais d’un contrat ?
Documents utiles :
- Programme et contacts
- Étude de cas "Panique au festival"
- Fiche pratique : Document unique
- Accessibilité et handicap
- Formations obligatoires
- Assurances
- Responsabilité
- Lexique
- Bibliographie
Plan de la rencontre :
1. La licence d'entrepreneurs de spectacles pour les producteurs étrangers
2. TVA et contrat conclu avec un partenaire étranger
3. La retenue à la source
4. L'autorisation de travail des étrangers
5. Les conditions d'exercice du travail des artistes et techniciens
Documents utiles :
- Bibliographie
- Lexique
- Liste des conventions bilatérales de sécurité sociale conclues entre la France et différents pays (Site Internet du Cleiss)
- Liste des conventions bilatérales fiscales conclues par la France et différents pays
Quelle est la mission du BAAPE ?
Le Bureau d’Accueil des Artistes et Professionnels Etrangers a
été créé en 2008 à la Cité internationale universitaire de Paris. Il
s’agit d’un bureau d’orientation, d’information et d’accompagnement des
artistes et des professionnels étrangers. Pour répondre aux différentes
problématiques des usagers (aussi bien les structures que les artistes
et techniciens), le BAAPE est un pôle « ressources » sur tous les
aspects concernant l’accueil d’artistes et de professionnels étrangers
(conseils pour les démarches administratives, titres de séjours et de
travail, fiscalité, couverture santé, législation du travail et vie
pratique). Il constitue également un réseau pour les structures
artistiques et culturelles franciliennes (mise en relation des artistes
et professionnels entre eux) et offre une aide à la recherche de
logement. Le BAAPE informe et oriente les usagers mais n’effectue pas
les démarches pour leur compte.
Quelles sont les vérifications à effectuer
lors de la conclusion d’un contrat de prestation de service avec un
partenaire étranger?
Lorsque le
contrat porte sur un montant supérieur à 3.000 euros, il est
indispensable de procéder à des vérifications relatives à l’entreprise
étrangère (art. D.8254-1 du Code du travail).
Lors de la conclusion du contrat, le cocontractant français doit
notamment exiger du partenaire étranger ses justificatifs
d’immatriculation à notre équivalent du Registre du commerce de son
pays, un document attestant qu’il est assujetti ou non à TVA en France
(numéro de TVA intra-communautaire) ou à défaut celui de son
représentant fiscal, ainsi que les documents nécessaires aux demandes
d’autorisation de travail.
Que risque l’entrepreneur français s’il ne procède pas à ces vérifications ?
A défaut d'effectuer
ces vérifications, l'entrepreneur français peut être tenu responsable
solidairement du paiement des dettes sociales et fiscales de
l'entrepreneur étranger avec qui il a contracté.
Des clauses spécifiques sont-elles à prévoir au contrat ?
De
manière générale, il est préférable de prévoir au contrat des
dispositions précises relatives à la licence d'entrepreneur de spectacle
(Qui effectue la déclaration à la DRAC ?), à la retenue à la source, à
la fiscalité (TVA), à la protection sociale, aux éventuelles
vérifications à effectuer, aux autorisations provisoires de travail
(quel partenaire en effectue les démarches ?) ainsi que des dispositions
relatives aux frais de transport et d'hébergement (qui peuvent être
d'un montant important en cas d'accueil de travailleurs étrangers).
N.B. Par contrat de prestation de service, il est fait référence aux contrats de cession, aux contrats de coproduction, ainsi qu'aux contrats de coréalisation. Un contrat de location n'est pas considéré comme un contrat de prestation de service.
Quel est le lieu de paiement de la TVA ? Qui doit la payer ?
Le
lieu d'imposition est défini au lieu d'exécution matérielle de la
prestation artistique (art. 259A du Code général des impôts). Deux
hypothèses se présentent :
- si l'entrepreneur français est assujetti
à TVA, il est redevable de la TVA (mécanisme de l'autoliquidation) dès
lors que la prestation est réalisée par un entrepreneur établi hors de
France (art. 283 du Code général des impôts).
Ce dispositif s'applique donc, que le prestataire soit établi ou non
dans l'UE. Il verse ainsi la TVA auprès de son centre des impôts et la
prestation lui est par conséquent facturée HT ;
- lorsque
l'entrepreneur français n'est pas assujetti à TVA, le prestataire
étranger est redevable de la TVA (le mécanisme de l'autoliquidation ne
s'applique pas) selon une procédure qui dépend de son établissement ou
non dans l'UE ou EEE :
- si
le partenaire étranger est établi dans l'UE ou dans l'EEE, c'est à lui
de faire les démarches, il doit donc soit s'enregistrer auprès du
service des impôts des entreprises étrangères en France pour s'acquitter
directement des formalités et du versement de la TVA, soit désigner un
mandataire fiscal qui le fera en lieu et place mais sans en supporter la
responsabilité ;
- lorsque
le partenaire est établi en dehors de l'UE ou de l'EEE, il a
l'obligation de désigner un représentant fiscal assujetti à TVA en
France (le représentant fiscal ne peut donc pas être l'organisateur
français puisqu'il n'est pas assujetti à TVA). Le représentant fiscal
devient alors responsable du versement de la TVA, et il effectue les
formalités et paye la TVA en lieu et place du prestataire étranger. Pour
cela il effectue les démarches auprès de son propre centre des impôts,
et distingue bien dans ses comptes la TVA relative à sa propre activité,
et celle qu'il doit au titre de la représentation fiscale. Lorsque
l'entrepreneur français n'est pas assujetti à TVA, la prestation est
alors facturée TTC.
Lorsque le mécanisme de l'autoliquidation s'applique, l'entrepreneur étranger est-il libéré de toute obligation ?
Lorsque
l'entrepreneur français doit s'acquitter du paiement de la TVA en
France et que le prestataire est européen, ce dernier doit tout de même
remplir une déclaration européenne de service, peu importe qu'il soit ou
non assujetti dans son pays. Cette règle nouvelle, applicable depuis le
1er janvier 2010, a été fixée par une directive européenne du 12
février 2008 relative au lieu des prestations de service.
Pour plus d'informations cliquez ici.
Quels taux de TVA doit-on appliquer ?
On
applique les taux français habituels de TVA, c'est à dire une TVA à
taux réduit (7% depuis le 1er janvier 2012) en ce qui concerne les contrats de cession et frais
annexes et de location. Dans l'hypothèse d'un contrat de cession, les
frais de transport et d'hébergement sont donc soumis à une TVA à 7% (art. 259 A et 283 du Code général des impôts). Concernant les contrats de location, le taux de TVA s'élève à 19,6 % puisqu'il ne s'agit pas d'une prestation artistique.
Est-il nécessaire de spécifier les modalités de paiement de la TVA sur la facture ?
Sur
la facture émise par le partenaire étranger, des mentions spécifiques
sont à préciser, notamment le numéro de TVA intracommunautaire (pour le
partenaire de l'UE) ainsi que le domicile fiscal du prestataire
étranger. Il est aussi important de préciser que le prestataire est
établi hors de France et donc que l'entrepreneur français versera
directement la TVA en cas d'autoliquidation.
La déduction de la TVA s'applique t-elle ?
Lorsque
le mécanisme de l'autoliquidation s'applique, l'entrepreneur français
qui verse la TVA en France, pourra la déduire normalement de la TVA
collectée.
En quoi consiste le mécanisme de la retenue à la source ?
Le
mécanisme de retenue à la source correspond au paiement de l'impôt sur
le revenu et/ou de l'impôt sur les sociétés. Il s'agit d'un prélèvement
effectué sur les sommes versées à l'occasion de prestations réalisées ou
fournies en France, lors de la conclusion de contrats de prestation de
service avec un partenaire étranger ou sur les salaires versés à un
travailleur étranger directement embauché par un entrepreneur français.
Celui qui rémunère une prestation (salariée ou non) doit ainsi en
retenir une partie pour la verser directement au Trésor Public
accompagnée du Cerfa n°2494. Le mécanisme de retenue à la source ne
distingue pas les travailleurs ressortissants de l'UE ou de l'EEE, des
autres.
Pourquoi faut-il se référer aux conventions fiscales bilatérales ?
Pour éviter la double
imposition en France et dans le pays de résidence fiscale des
travailleurs étrangers, ont été conclues des conventions fiscales
bilatérales auxquelles il faut se référer (elles sont disponibles à
l'adresse suivante : www.impots.gouv.fr
/ Documentation / International. En général, les dispositions
concernant les prestations artistiques se situent vers les articles 15 à
17.
L'imposition est souvent prévue dans le pays dans lequel la
prestation est effectuée mais il arrive parfois, notamment quand
l'activité est financée par des fonds publics ou lorsque l'artiste
réalise un chiffre d'affaire d'un certain montant, que la convention
prévoit au contraire l'imposition dans le pays de résidence des
professionnels étrangers. A titre d'exemple, l'article 17 de la
convention fiscale franco-américaine prévoit que si l'artiste américain
réalise un chiffre d'affaire de moins de 10 000 dollars en France, il n y
aura pas de retenue à la source en France. Il n'y a ainsi pas de
retenue à la source à effectuer sur les sommes versées.
Quel est le taux de la retenue à la source en France ? Sur quelle assiette se calcule t-il ?
Le taux est fixé par la législation de chaque pays. En France, le taux et l'assiette varient en fonction de la prestation :
- pour les prestations artistiques (art. 182 A bis et 182 C du Code général des impôts), deux hypothèses se présentent :
-
en cas d'embauche directe, on applique une retenue à la source de 15%
sur le montant brut du salaire (sur lequel on applique un abattement de
10% pour frais professionnel (art. 25 de la loi de finances rectificatives pour 2008)
-
dans l'hypothèse d'un contrat de prestation de service (contrat de
cession, contrat de coréalisation...), le taux de retenue à la source
est fixé pour les prestations artistiques à 15% du montant brut HT des
prestations artistiques (salariées ou non) et non sur le prix total de
la cession. En pratique, il est donc parfois nécessaire d'isoler la
somme réelle de la prestation artistique, pour ne payer la retenue à la
source que sur ce montant et non sur le montant global qui peut inclure
également les frais d'approche (transport, décors etc.). D'ailleurs, l'instruction du 8 février 2010
précise que les prestations d'une autre nature telles que le montage de
la scène, la mise en place d'un décor, la fourniture du son, des
éclairages, les opérations de transport n'entrent pas dans le champ
d'application de la retenue à la source sur les prestations artistiques.
Il est préférable de tout détailler sur la facture et de prévoir une
mention spécifique au contrat concernant la retenue à la source.
- concernant
les salaires non artistiques (techniciens par exemple), on applique la
retenue à la source sur le salaire net imposable après déduction
forfaitaire de 10% pour frais professionnels, une retenue à la source de
trois taux différents, 0%, 12% et 20% correspondant à un barême fixé
chaque année) de rémunération par tranche (art. 182 A du Code général des impôts).
Le barême 2011 de retenue à la source concernant les salaires non artistiques est consultable ici.
Quid des professions non artistiques ?
Pour les salaires
non artistiques, la retenue à la source opérée est libératoire de
l'impôt pour la fraction des revenus qui n'excède pas la limite au-delà
de laquelle le taux de 20% est applicable (41 327 euros pour 2011). Ces
revenus n'ont pas à être déclarés, contrairement à la fraction de
revenus qui dépasse ce montant. La déclaration s'établit alors au Centre
des impôts des non-résidents.
Les limites de ces
tranches sont fixées proportionnellement à la durée de l'activité
exercée en France quand cette durée diffère d'un an (barème journalier,
mensuel...).
Cf. en bas de la 3e page du formulaire Cerfa n°2494.
Qui doit supporter le montant de cette retenue ? A qui et quand est-elle versée ?
En
règle générale, c'est la structure responsable du paiement de la
rémunération qui doit opérer la retenue à la source..Le paiement se fait
au centre des impôts du siège de l'entreprise débitrice (l'organisateur
français), au plus tard le 15 du mois qui suit le paiement des sommes,
accompagné du Cerfa n°2494 en double exemplaire. Quant au partenaire qui
en supporte le coût, tout dépend en pratique de la négociation des
parties lors de la conclusion du contrat, il s'agira pour lui d'une
clause importante dans le contrat et d'un élément à inclure dans le
budget prévisionnel.
Les artistes doivent-ils quand même déclarer leurs revenus en France ?
La
retenue à la source des artistes est libératoire de l'impôt sur le
revenu lorsque le montant des revenus imposables n'excède pas un plafond
de 41 327 euros (pour 2011). Cependant, dans tous les cas, les artistes
ont l'obligation de déclarer les revenus qu'ils ont perçus en France
auprès du Centre des impôts des non-résidents, la déclaration devant
être accompagné par le Cerfa n°2042 C, et sur laquelle doit être précisé
que la retenue à la source a déjà été opérée. Le Centre des impôts des
non-résidents compare ensuite la retenue qui a déjà été effectuée et ce
qui aurait été demandé aux artistes indépendamment de cette retenue.
Cette opération peut alors donner lieu à un paiement complémentaire
obligatoire (cela n'arrive que très rarement en pratique).
Quid des professions non artistiques ?
Pour
les salaires non artistiques, la retenue à la source opérée est
libératoire de l'impôt pour la fraction des revenus qui n'excède pas la
limite au-delà de laquelle le taux de 20% est applicable (41 327 euros
pour 2011). Contrairement aux artistes, seule la fraction de revenus qui
dépasse ce montant doit être déclarée. La déclaration s'établit alors
au Centre des impôts des non-résidents.
Les limites de ces tranches sont fixées proportionnellement à la durée de l'activité exercée en France quand cette durée diffère d'un an (barème journalier, mensuel...). (art. 182 A du CGI). Cf. en bas de la 3éme page du formulaire Cerfa n°2494.
Dans
le cadre d'un contrat de coréalisation avec un partenaire étranger, la
retenue à la source est-elle appliquée sur la part de recettes
attribuées au producteur étranger ou bien sur la recette de billetterie
totale ? Quid en cas de minimum garanti attribué au producteur étranger ?
La
retenue à la source s'applique seulement sur la part revenant au
producteur étranger, car le diffuseur (l'organisateur) français est
imposé sur la part de recettes qui lui revient.
Si un minimum garanti
(MG) est attribué au profit du producteur étranger, une retenue à la
source est opérée sur ce MG dans l'hypothèse où la somme revenant au
producteur sur la base du partage de recettes prévu au contrat est
inférieure au montant fixé.
Les Cerfa relatifs à la retenue à la source sont téléchargeables à l'adresse suivante : www.impots.gouv.fr / Recherche de formulaires
Doit-on obtenir une autorisation d'entrée et de séjour sur le territoire français pour pouvoir travailler en France ?
-
l'artiste ou le technicien ressortissant d'un Etat-membre de l'UE, de
l'EEE (ainsi que les ressortissants de Suisse, d'Andorre et de Monaco)
n'a aucune formalité à remplir pour séjourner en France en vertu du
principe de libre circulation des personnes ;
- concernant les
travailleurs hors UE/EEE (+ Suisse, Andorre et Monaco), les procédures
applicables sont fonction de la durée du séjour :
-
pour une période de moins de 3 mois, le salarié doit disposer d'un
passeport. Certaines nationalités sont en outre assujetties à
l'obligation de détenir un visa de court séjour. Il convient pour cela
de se référer au site du ministère des Affaires étrangères (www.diplomatie.gouv.fr
/ Entrer en France / Etrangers titulaires d'un passeport ordinaire /
Quels sont les étrangers dispensés de cette obligation de visa ?) ;
Attention
: les ressortissants de certains pays peuvent être dispensés de visa
pour un court séjour de tourisme sans que cette dispense ne s'applique
dans le cas de l'exercice d'une activité rémunérée en France (Australie,
Brésil, Corée du Sud, Etats Unis, Japon, Maurice, Mexique, Venezuela,
etc.)
- pour les séjours
d'une durée supérieure à 3 mois, le travailleur étranger doit obtenir un
visa de long séjour auprès du consulat de France dans son pays de
résidence.
Quelles sont les autorisations de travail nécessaires pour un travailleur étranger?
-
le travailleur ressortissant d'un Etat-membre de l'UE, de l'EEE +
Suisse, Andorre et Monaco, n'a aucune formalité à remplir pour
travailler en France, en vertu du même principe de liberté de
circulation des personnes. Une exception concerne toutefois les Roumains
et les Bulgares pour qui une autorisation provisoire de travail (APT)
est obligatoire en cas d'embauche directe par un entrepreneur français
(il s'agit d'une règle transitoire applicable jusqu'en 2014).
- tout
étranger non ressortissant de l'UE, de l'EEE + Suisse, Andorre et
Monaco, qui souhaite exercer une activité salariée en France doit être
titulaire d'une autorisation de travail (il s'agit soit d'une APT soit
d'un titre de séjour valant autorisation de travail) et pour ceux dont
le séjour est supérieur à 3 mois, d'un certificat médical délivré par
l'Office Français de l'Immigration et l'Intégration (OFII).
Comment obtenir une autorisation de travail en cas d'embauche directe ou de détachement ?
-
pour les séjours de moins de 3 mois, l'employeur fait la demande d'APT
auprès de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte) entre 3 mois et 1 mois avant
l'arrivée de l'artiste sur le territoire français ;
- pour les séjours
supérieurs à 3 mois, après avoir obtenu un visa de long séjour
(préalable indispensable), le travailleur étranger doit faire une
demande de titre de séjour (carte de séjour temporaire) dans les 2 mois
après l'arrivée sur le territoire, auprès de la préfecture de son
domicile et accompagné du paiement de la redevance à l'OFII pour la
visite médicale obligatoire.
Par ailleurs, en toute hypothèse, il
est indispensable de faire une demande auprès de la Direction des affaires sanitaires et sociales (DASS) si les
travailleurs sont des mineurs de moins de 16 ans pour obtenir
l'autorisation de travail sur le territoire. En parallèle, il peut être
nécessaire selon les circonstances, d'obtenir une dérogation auprès de
l'Inspection du travail pour le travail de nuit.
En cas de détachement, qui doit demander l'autorisation ?
Normalement,
l'employeur étranger doit demander l'autorisation mais en pratique, la
structure française est toutefois souvent mandatée par l'entrepreneur
étranger et effectue donc les démarches au nom et pour le compte de
celui-ci. Le même document Cerfa ainsi que les pièces citées ci-dessus
sont à inclure avec la demande, accompagnées du contrat de prestation de
service et de la déclaration à la DRAC (lorsque l'entrepreneur étranger
conclut un contrat de prestation de service avec un entrepreneur
français titulaire de la licence d'entrepreneur de spectacle).
L'organisateur français peut-il être inquiété si le prestataire étranger n'effectue pas ces démarches ?
Si
l'entrepreneur français n'est pas mandaté et que le prestataire
étranger n'effectue pas ces démarches, l'organisateur français peut être
inquiété d'abord du fait des sanctions prononcées à l'encontre de
l'entrepreneur étranger (interdiction des représentations, etc.),
ensuite en raison de la responsabilité solidaire de l'organisateur pour
les contrats d'un montant supérieur à 3000 euros. Il faut savoir par
ailleurs que même lorsque le montant du contrat conclu avec des
partenaires étrangers est inférieur à 3000 euros, l'entrepreneur
français doit être très vigilent car, s'il arrive un accident, les
artistes se retourneront plus spontanément contre l'organisateur
français, le travail ayant lieu en France. Il peut être opportun de
prévoir une clause de garantie dans le contrat, cela permet à
l'entrepreneur français de se retourner contre l'entrepreneur étranger.
Il est donc parfois judicieux dans un souci de simplicité et de sécurité
que l'organisateur français gère ces démarches.
Quels sont les délais de délivrance des autorisations provisoires de travail (APT) ?
Il
est préférable de ne pas attendre plus d'un mois avant les
représentations, la Direccte ne délivrant les APT que sous 3 semaines
environ, d'autant plus si une demande de visa doit être déposée ensuite.
Ces APT sont-elles valables pour tout le territoire français ?
Cela dépend en pratique du lieu de dépôt de la demande :
-
en cas de détachement du travailleur, si l'on effectue une demande
d'autorisation provisoire de travail en Ile-de-France, la Direccte ne
délivre l'APT que pour les représentations en Ile-de-France. Lorsque la
demande s'effectue hors Ile-de-France, l'APT est également valable pour
tout le territoire français, si toutefois les représentations sont
rapprochées dans le temps ;
- en cas d'embauche directe,
l'autorisation demandée est valable pour tout le territoire, peu importe
le lieu de dépôt de la demande.
Comment cela se
passe-t-il lorsqu'un producteur domicilié dans l'UE, l'EEE + Suisse
Andorre et Monaco, emploie des artistes qui n'en sont pas ressortissants
et conclut un contrat avec un organisateur français ?
Lorsqu'une
tournée débute dans un pays de l'UE (en Belgique par exemple) et se
poursuit en France on peut considérer que les autorisations obtenues en
Belgique sont valables en France au nom de la libre circulation des
personnes. En effet, il y a antériorité d'emploi dans le pays de l'UE,
les travailleurs ont bien obtenu une autorisation de travail dans le
premier pays de la tournée. L'employeur établi dans l'UE, devra juste
demander un formulaire de détachement auprès de l'Inspection
départementale du travail en France. Il est toutefois nécessaire de
vérifier au préalable auprès de la Direccte que l'autorisation de travail
délivrée par le pays européen concerné permet bien à l'artiste d'exercer
cette activité en France.
Le 1er mai 2010, sont
entrés en vigueur des nouveaux règlements de coordination des
législations de sécurité sociale des Etats membres de l'Union
européenne : les règlements 883/2004 et 987/2009.
Le formulaire
traditionnellement utilisé, le E101, a vocation à disparaître à l'issue de
la période transitoire qui va s'étendre jusqu'au 1er mai 2012 ; il est
remplacé par un document portable dénommé à ce jour A1.
N.B. Les
formulaires de détachement dont il est question ci-dessous, font
référence selon les cas, soit au formulaire E101, soit aux autres
formulaires prévus par les conventions bilatérales.
La législation française s'applique t-elle aux travailleurs étrangers ?
Le droit du travail français s'applique :
-
dans le cadre d'une embauche directe d'un travailleur étranger,
l'employeur français doit alors respecter les mêmes obligations que pour
l'embauche de travailleurs français ;
- en cas de détachement (art. R1261-1 du Code du travail),
le prestataire étranger doit appliquer aux salariés détachés en France,
les règles du droit du travail français en terme de rémunération, de
durée du travail, et de conditions de travail ainsi que les conventions
et accords collectifs applicables aux salariés employés par les
entreprises françaises exerçant une activité identique à la prestation
de service effectuée. Il est obligatoire pour le prestataire étranger
d'effectuer une déclaration préalable à l'Inspection du travail
française ainsi que de lui transmettre un document relatif au travail
effectué par les travailleurs étrangers, à l'issue des représentations.
Achat d'un spectacle étranger : Où doit-on payer les charges sociales ?
Le
lieu de versement des charges sociales dépend notamment de l'existence
ou non d'une convention bilatérale de sécurité sociale :
- si le
travailleur étranger est résident d'un pays n'ayant pas conclu de
convention de sécurité sociale avec la France ou s'il ne fournit pas le
formulaire adéquat (Voir conditions plus bas), le paiement des charges
sociales s'effectue en France. L'employeur étranger doit alors
s'affilier à l'Urssaf du Bas-Rhin, seul centre Urssaf compétent pour ces
démarches incombant aux entreprises n'ayant pas d'établissement en
France. Il existe alors un risque de doubles cotisations (en France et
dans le pays habituel de résidence). L'employeur étranger cotise aux
mêmes organismes que pour les salariés français et dans les mêmes
conditions. Toutefois, la CRDS et la CSG ne sont pas dues, raison pour
laquelle le taux de l'assurance maladie est plus élevé (3,85% pour les
artistes et 5,50% pour les autres) pour les travailleurs étrangers que
pour les nationaux ;
- lorsqu'un formulaire A1 (formulaire pour
l'EEE et la Suisse) ou un formulaire mentionné par une convention
bilatérale de sécurité sociale conclue entre la France et le pays de
résidence des artistes ou techniciens est fourni, cette dernière prévoit
que les cotisations sociales doivent être versées dans le pays
d'origine. Toutefois, les cotisations relatives aux congés spectacle
restent dues en France. Il est possible de démontrer que l'équivalent à
la caisse des congés spectacle prévu dans le pays d'emploi habituel est
plus favorable et dans ce cas, ne pas cotiser en France, mais c'est
assez compliqué en pratique. Les artistes et techniciens peuvent aussi
récupérer leurs cotisations congés spectacle ou mandater quelqu'un pour
les récupérer.
Le site du Cleiss met à
disposition la liste des pays avec lesquels la France a conclu une
convention bilatérale de sécurité sociale (http://www.cleiss.fr).
Quid en cas d'embauche directe par un entrepreneur français ?
-
Dans le cadre d'une embauche directe d'un travailleur ressortissant de
l'UE ou de l'EEE ou Suisse, si ce dernier exerce une activité sur le
territoire de plusieurs Etats membres et fournit le formulaire A1, le
paiement des charges sociales s'effectue dans le pays habituel de
résidence du travailleur, à l'exception de la cotisation aux congés
spectacle et à l'AFDAS qui restent dues en France ;
- Lorsque le
travailleur n'est pas ressortissant de l'UE ou de l'EEE ou Suisse, le
paiement des charges sociales est dû en France. L'entrepreneur français
cotise alors aux mêmes organismes que pour les salariés français et aux
mêmes conditions. Toutefois, la CRDS et la CSG ne sont pas dues, et le
taux de l'assurance maladie est plus élevé (3,85% pour les artistes et
5,50% pour les autres).
Quid du régime des retraites complémentaires ?
Concernant
les travailleurs ressortissants de l'UE ou de l'EEE (et Suisse), les
cotisations ne sont pas dues à partir du moment où ils peuvent fournir
un formulaire A1. En revanche, si le travailleur n'est pas
ressortissant de l'UE ou de l'EEE (et Suisse), il est nécessaire de se
référer à la convention bilatérale de sécurité sociale. En l'absence de
convention bilatérale de sécurité sociale, les cotisations sont donc
dues.
Qui doit fournir les formulaires de détachement ? Où se les procurer ?
Le
prestataire étranger (en cas du détachement) ou le travailleur étranger
(résident dans l'UE, l'EEE et Suisse) doit fournir les formulaires à
l'entrepreneur français, en pratique au moins un mois avant le début des
représentations. Une liste des organismes délivrant ces formulaires est
disponible sur le site du Cleiss.
Que faire lorsque la compagnie étrangère ne fournit pas le formulaire ?
En
pratique, il est parfois prévu dans certains contrats ou documents
annexes, de retenir un montant du solde de la cession forfaitaire pour
chaque formulaire non fourni. Le montant dépend d'une négociation lors
de la conclusion du contrat et correspond souvent aux pénalités qui
seraient facturées en cas de contrôle.
La présomption de salariat des artistes du spectacle s'applique t-elle en cas d'embauche directe par un employeur français ?
Il
arrive qu'un artiste étranger se présente en France sous le statut de
travailleur indépendant. Or la présomption de salariat s'applique
également aux artistes étrangers.
- En revanche, en vertu du principe
communautaire de libre prestation de services, cette présomption ne
s'applique pas à la relation qu'entretient un artiste résident de l'UE
ou de l'EEE avec un entrepreneur de spectacles français si l'artiste est
reconnu comme prestataire de services établi dans un Etat membre où il
fournit habituellement des services analogues et qu'il vient exercer son
activité en France à titre temporaire et indépendant (art. L7121-5 du Code du travail) ;
- Hors UE et EEE, la présomption de salariat s'applique.
Attention
: si les conventions bilatérales de sécurité sociale signées avec
certains pays (Andorre, Québec, Canada, Chili, Corée, USA, Tunisie,
Japon) prévoient « l'auto-détachement » de travailleurs indépendants,
cela ne signifie pas que la présomption de salariat « tombe » pour ces
artistes extra-européens.
Est-il plus
judicieux d'embaucher directement les travailleurs étrangers ou de
conclure un contrat de prestation de service avec un partenaire étranger
?
Avant d'opter pour le contrat de prestation de service et
donc pour le détachement de travailleurs étrangers en France, il peut
être intéressant de faire le calcul des charges sociales qui vont être
payées et d'anticiper le lieu de paiement de celles-ci. Il est donc
indispensable de se référer aux conventions fiscales bilatérales signées
par la France. Ainsi, et notamment dans les pays hors UE, EEE et avec
lesquels la France n'a pas conclu de convention bilatérale, il peut être
plus intéressant d'embaucher directement afin d'éviter un double
paiement des charges. De même, l'embauche directe permet d'avoir la
maitrise des documents nécessaires au travail et des procédures à
effectuer.
Plan de la rencontre :
1. Bref rappel sur le droit d'auteur
2. Les premières démarches à effectuer par le producteur
A. Commande d'une oeuvre à un auteur
B. Produire une oeuvre existante qui n'est pas tombée dans le domaine public
3. La conclusion du contrat de représentation
4. Les démarches à effectuer auprès de l'Agessa
5. Les utilisations musicales
A partir de quand un auteur est-il protégé par le droit d’auteur ?
En droit d’auteur, il n’y a pas de
formalité particulière à respecter pour que l’œuvre soit protégée, le
dépôt de l’œuvre n’est donc pas obligatoire. L’auteur est protégé du
seul fait de la création de son œuvre à partir du moment où l’œuvre a
une forme tangible et porte l’empreinte de la personnalité de son auteur
(Art. L.111-1 du Code de la propriété intellectuelle - CPI).
Quels sont les droits de l'auteur sur son oeuvre ? (Art. L.121-1 et suivants et L122-1 et suivants du CPI)
L’auteur est propriétaire de son œuvre. Le CPI énonce les prérogatives attachées aux droits de l’auteur :
- les prérogatives de droit moral (droit
à la paternité, droit de divulgation, droit au respect de l’œuvre : on
ne peut pas modifier l’œuvre sans son accord, droit de retrait ou de
repentir) ;
- les prérogatives de droit
patrimonial : droit d’autoriser ou d’interdire l’exploitation de l’œuvre
(droit de représentation et droit de reproduction de l’œuvre).
Comment prouver sa qualité d'auteur ?
Le CPI institue une présomption simple
attribuant la qualité d’auteur à celui ou ceux sous le nom de qui
l’œuvre a été divulguée. Néanmoins il est prudent de se prémunir des
contestations et litiges éventuels en prenant des précautions, notamment
par le biais du dépôt. Dans le secteur du spectacle vivant, l’auteur a
la possibilité de déposer son œuvre à la Société des Auteurs et
Compositeurs Dramatiques, SACD (il s’agit du service SCALA valable pour
une durée de 5 ans renouvelables, et indépendant de l’adhésion à la
SACD) ou bien éventuellement de s’adresser l’œuvre à lui-même par pli
recommandé gardé scellé sachant que cette
dernière possibilité n’a qu’une valeur probante relativement faible
devant les tribunaux. Ces formalités permettent de prouver
l’antériorité de l’œuvre.
Lorsqu’un auteur a donné son autorisation par contrat, peut-il revenir sur sa décision ?
Si l’auteur a donné son autorisation et
le contrat de cession est signé, il ne peut pas revenir en arrière, sauf
à exercer ses prérogatives de droit moral (si l’œuvre est modifiée par
exemple). Il s’agit de situations relativement rares en pratique.
Qu’est-ce qu’une œuvre tombée dans le domaine public ?
Une œuvre tombe dans le domaine public
70 ans après la mort de l’auteur. A cette date, chacun peut librement
exploiter cette œuvre sans demander d’autorisation préalable. Toutefois,
le droit moral étant perpétuel, les ayants droit peuvent faire cesser
une atteinte qui constitue une dénaturation de l’œuvre (coupures dans le
texte par exemple)
N.B. La traduction (ou l’adaptation) est protégée au titre du droit d’auteur (si elle remplit les conditions de la protection) et le traducteur (ou l'adaptateur) peut percevoir une rémunération pour la traduction (ou adaptation) d’une œuvre première qui elle, est tombée dans le domaine public (par exemple une pièce de Shakespeare). Il faudra par conséquent demander au traducteur l'autorisation d'exploiter sa traduction.
Quelles sont les conséquences d'une adhésion auprès de la SACD ?
En adhérant à la SACD, l'auteur effectue un apport en gérance des droits d’adaptation et de représentation de ses oeuvres dramatiques. La SACD aura alors pour mandat d’établir les contrats de représentation, de fixer
les conditions financières de l’éventuelle exploitation, de percevoir
les rémunérations des auteurs ainsi que de les leurs répartir. L’auteur
adhérent a l’obligation de déclarer toutes ses œuvres dramatiques au
répertoire de la SACD qui va percevoir systématiquement des droits sur
ces œuvres. Mais l’auteur reste le seul à autoriser ou interdire toute
exploitation de son œuvre, la SACD n’agira qu’en son nom et pour son
compte.
Un auteur peut-il démissionner de la SACD ?
Oui, il peut démissionner de la SACD à
l’expiration de chaque période de 2 ans à compter de la date
anniversaire de son adhésion.
Qu’est-ce que la commande d’une œuvre ?
Lorsqu’une compagnie a un projet de
spectacle et souhaite commander l’écriture d’une œuvre à un auteur, elle
négocie un contrat de commande à l’écriture. Après signature et
exécution du contrat, l’œuvre reste la propriété de l’auteur qui pourra
autoriser ou non son exploitation. La compagnie devra donc par la suite
conclure un contrat de représentation. Une prime de commande qui ne
pourra pas être déduite du montant de ses droits d'auteur à venir est versée à l’auteur.
Le contrat de commande doit-il être formalisé par écrit ?
Le CPI n’exige pas de conditions de forme particulières concernant le
contrat de commande, il existe donc une certaine liberté de rédaction.
Le contrat peut être oral même s’il est préférable de le formaliser par
écrit afin qu’il n’y ait pas de contestation de part et d’autre
notamment sur le montant de la prime, les caractéristiques de l’œuvre
commandée, les délais de remise du manuscrit, etc.
Quelles sont les clauses à prévoir ?
Le CPI ne mentionne pas de clauses
obligatoires. En pratique, sont prévus dans le contrat de commande les
caractéristiques de l’œuvre commandée, les dates de remise du manuscrit
par l’auteur ainsi que le montant de la rémunération. Cette rémunération
(prime de commande forfaitaire) suit le régime des droits d’auteur mais
elle n’a rien à voir avec les droits générés par l’exploitation de
l’œuvre.
Et si l’auteur est membre de la SACD ?
La SACD peut se charger de la négociation du contrat de commande, de la perception et de la répartition des droits à l’auteur (prime de commande).
A qui s’adresser pour obtenir l’autorisation d’exploitation de l’auteur ?
Il faut s’adresser à l’auteur ou à la
SACD s’il est adhérent. A défaut, la SACD pourra éventuellement
transmettre le contact de l’auteur, ou son agent ou éditeur, à la
compagnie. Si l’auteur est adhérent, la demande d’autorisation se fera
auprès de la SACD qui la transmettra à l’auteur.
A qui s’adresser lorsque l’auteur est étranger ?
La SACD représente certains auteurs
étrangers. Elle a signé des accords de « réciprocité » avec certaines
sociétés d’auteur étrangères et peut servir d’intermédiaire dans ce cas.
Si la SACD ne représente pas l’auteur, il est possible qu’elle dispose
d’informations sur la personne à contacter.
Cela arrive-t-il qu’un auteur refuse de donner son autorisation ?
Un auteur peut refuser de donner son
autorisation. Il n’est pas tenu de donner le motif de son refus. De
même, un auteur qui a déjà donné son autorisation à un producteur pour
un temps donné peut la refuser pour une reprise du même texte. Tout en
donnant son autorisation, l’auteur a la possibilité de la
soumettre à un certain nombre de conditions telles que le territoire et
la durée. Lorsqu’il s'agit d'une oeuvre de collaboration, il est
nécessaire d'obtenir l'autorisation de chacun des co-auteurs.
Un contrat de représentation doit-il être écrit ?
Selon l’article L.132-18 du CPI, le contrat de représentation est le contrat par lequel l’auteur d’une œuvre de l’esprit et ses ayants droit autorisent une personne physique ou morale à représenter ladite œuvre à des conditions qu’ils déterminent. L’article L.131-2 du CPI impose un écrit pour le contrat de représentation des droits d’auteur.
Quelles sont les mentions obligatoires dans un contrat de représentation ? (Art. L.131-3 du CPI)
Doivent être précisés dans le contrat de
représentation, chacun des droits concernés de façon distincte ainsi
que l’étendue de l’autorisation, sa destination, le territoire
d’exploitation et la durée, sous peine de nullité du contrat. Il faut
ainsi toujours faire attention aux accords de principe donnés par
l’auteur, si toutes ces mentions ne sont pas précisées.
Un producteur peut-il obtenir l’exclusivité pour exploiter une œuvre ? (Art. L.132-19 du CPI)
En fonction du projet, le contrat de
représentation peut être assorti d’une clause d’exclusivité à durée
limitée qui peut être demandée pour un territoire précis (une ville, un
département, un pays etc.). La durée maximale d’exclusivité est de 5
ans. Toutefois,
si l’œuvre n’est pas exploitée pendant 2 ans consécutifs, l’exclusivité
tombe (mais pas l’autorisation), afin de protéger l’auteur en
permettant de nouvelles exploitations.
L’exclusivité permet au producteur de bloquer à son profit les droits d’auteur et d’être le seul à pouvoir exploiter l’œuvre pendant une certaine durée et pour un territoire donné. Toutefois, il est possible de déroger à cette exclusivité avec l’accord du producteur détenteur de l’exclusivité sur l’œuvre concernée et de l’auteur. En échange du blocage de l’exploitation de l’œuvre pendant la durée d’exclusivité concédée, l’auteur peut notamment lorsqu’il est adhérent à la SACD, demander le versement d’une avance sur droits non récupérable mais remboursable.
Comment se fait rémunérer l’auteur ?
En contrepartie de son autorisation,
l’auteur est rémunéré proportionnellement aux recettes générées par
l’exploitation de l’œuvre. En principe, les parties sont libres de
négocier le pourcentage (si l’auteur n’est pas adhérent à la SACD). Par
exception, dans certaines situations limitativement énumérées par l’article L.131-4 du CPI, les parties peuvent avoir recours au forfait (c’est parfois le cas pour les metteurs en scène percevant des droits d’auteur).
Quels sont les taux appliqués par la SACD ? Sur quelle assiette ?
La SACD fixe les conditions plancher de
rémunération. L’auteur peut demander une rémunération plus importante,
mais cela reste plutôt rare en pratique.
A Paris, un taux de 12% des recettes
billetterie hors TVA ou de la recette assurée au producteur en
contrepartie des représentations (prix de vente, forfait, garantie de
recette) s’il n’y a pas de billetterie est appliqué, ainsi que 1% de
contribution à caractère social et administratif calculé sur la même
assiette et destiné à un fond d’action sociale (retraites des auteurs
adhérents).
En dehors de Paris, un taux de 10,5% est
appliqué sur l’assiette la plus intéressante pour l’auteur entre les
recettes billetterie hors TVA et le prix de cession hors TVA. Un taux de
contribution à caractère social et administratif de 2,10% sur la même
assiette sera appliqué. A ces sommes, s’ajoute la TVA à 7%.
Que se passe t-il si le spectacle n’a généré aucune recette ? Qu’est-ce que le minimum garanti ?
En dehors de Paris, la SACD a mis en
place un minimum garanti en cas de recettes ou prix de cession trop
faibles, qui est calculé sur la jauge financière du lieu de
représentation sur lequel on applique les taux mentionnés ci-dessus. A
Paris, un minimum garanti peut être négocié même si cela reste rare en
pratique.
Lorsqu’un auteur adhérent de la SACD met en scène sa propre
pièce, sa compagnie doit-elle payer des droits ? Quid du minimum
garanti ?
La SACD a mis en place une perception
systématique des droits d’auteur, mais dans le cas de l’auteur
producteur, elle a prévu l’abandon de la perception du minimum garanti.
Un auteur peut-il céder ses droits gratuitement ?
L’article L.122-7 du CPI autorise l’auteur à céder ses droits gratuitement. Toutefois, lorsque
l’auteur est adhérent à la SACD, la cession s’effectue toujours à titre
onéreux (minimas de perception obligatoires fixés par la SACD). L’auteur
ne peut ainsi renoncer à sa rémunération et céder ses droits à titre
gracieux.
Existe-t-il des différences de montants entre les spectacles amateurs et les spectacles professionnels ?
La SACD applique des barèmes spécifiques aux compagnies amateurs, adhérentes ou non à des fédérations.
Y-a-t-il des droits à payer à l’auteur lorsque le spectacle est gratuit ?
Oui, même pour un spectacle gratuit, il
convient de respecter les mentions obligatoires du contrat de
représentation (obligation d’un écrit) et de prévoir la perception des
droits sur le prix de cession du droit de représentation sur lequel vont
être appliqués les même taux mentionnés ci-dessus. Pour des lectures
gratuites sans prix de cession, la SACD pratique la rémunération au
forfait pour les auteurs
Qui du producteur ou du lieu de diffusion est tenu du paiement des droits d’auteur ?
Il
est nécessaire de préciser dans le contrat de représentation, qui aura
la charge du paiement des droits d’auteur. Le plus souvent, il existe
une délégation de paiement des droits d’auteur au diffuseur. Ainsi, pour recouvrer la rémunération de l’auteur, la SACD va s‘adresser
d’abord au diffuseur et ce même si elle n’a pas de contrat spécifiant
cette délégation (la SACD acceptant la délégation imparfaite de
paiement). En règle générale, il faut prévoir dans le contrat conclu
entre le producteur et le théâtre, lequel des deux va prendre en charge
le paiement des droits d’auteur. Il faut de plus savoir si le paiement
de ces droits va être déduit ou non de la somme perçue dans le cadre
d’une cession des droits de représentation du spectacle.
Qu’est-ce que l’Agessa ?
L’Agessa est une association chargée
d’une mission de recouvrer pour le compte des organismes de la sécurité
sociale les cotisations et contributions dues sur les rémunérations
artistiques.
Qui effectue les versements auprès de l’Agessa ?
L’Agessa est financée par les
cotisations des artistes auteurs auxquels s’ajoute une part contributive
mise à la charge des personnes qui procèdent à la diffusion ou à
l’exploitation des œuvres. La SACD a reçu mandat de l’Agessa pour
percevoir pour son compte la cotisation des diffuseurs. Pour les auteurs
adhérents à la SACD, celle ci perçoit 1% des droits d’auteurs.
Comment est rémunéré l’auteur de l’œuvre musicale créée pour le spectacle?
La SACD intervient pour la musique originale, créée spécifiquement pour le spectacle. Si
l’auteur utilise une œuvre créée pour le spectacle, il peut décider de
partager ses droits, c’est à dire en rétrocéder une partie au
compositeur de l’œuvre musicale. Les taux pratiqués par la SACD sont
identiques dans ce cas mais les sommes seront réparties entre l’auteur
du texte et le compositeur de l’œuvre musicale. Si
l’auteur ne veut pas partager ses droits avec le compositeur de la
musique, il y aura une perception complémentaire calculée à un taux de
0,10% par minute de musique utilisée et plafonnée en général à 4%. Le compositeur peut demander un pourcentage plus important mais il faudra alors le négocier avec le producteur.
Quid en cas d’utilisation d’une œuvre préexistante ?
Dans ce cas, la SACEM va fixer un taux
en fonction du genre du spectacle, du rapport entre la durée de
l’utilisation musicale avec la durée totale du spectacle. Si l’auteur a
prévu dans sa pièce l’utilisation d’une musique, il peut accepter de
partager ses droits et on va alors
imputer sur les droits perçus par la SACD les droits du compositeur
SACEM. Sinon, il y aura une rémunération supplémentaire. La compagnie
peut transmettre à la SACD les informations relatives à la musique
utilisée (le titre des œuvres, le nom des éditeurs ainsi que la durée)
qui seront transférées à la SACEM. A Paris, selon les lieux, l’une des
deux sociétés de gestion collective va percevoir l’ensemble des droits
avec une même facture et les reversera ensuite à l’autre société. En dehors de Paris, les factures sont séparées et la perception est indépendante.
Plan de la rencontre :
I. La période pré-contractuelle
II. Le choix du contrat adapté à la situation
A. Quels contrats pour financer un projet ?
B. Quels contrats pour diffuser un spectacle ?
III. La mise en place de la relation contractuelle
Qu'est-ce que la période des pourparlers ? Peut-il y avoir engagement pendant cette période ?
Pendant
la période des pourparlers, les parties sont en négociation et
réfléchissent à la possibilité de contractualiser un partenariat. Cette
période n'aboutit pas forcément à la conclusion d'un contrat. En
principe, s'il y a rupture des pourparlers, il n'y a pas rupture du
contrat dès lors qu'il n'y a pas de faute du partenaire, cela fait
partie des risques de la négociation. Celui qui ne souhaite pas
s'engager avec l'autre partie n'a pas à la dédommager.
Attention cependant, la rupture sera considérée comme une rupture de contrat dès lors qu'une véritable relation pourra être établie entre les partenaires. Des échanges d'emails, des accords de principe, un commencement d'exécution du projet, etc. pourront tenir lieu d'engagement. Ce sont autant de preuves qui pourront permettre de prouver l'existence du contrat.
Un échange de mails peut-il valoir comme commencement de preuve par écrit ?
Oui comme l'indique l'article 1316-1 du Code civil
: « L'écrit sous forme électronique est admis en preuve au même titre
que l'écrit sur support papier, sous réserve que puisse être dûment
identifiée la personne dont il émane et qu'il soit établi et conservé
dans des conditions de nature à en garantir l'intégrité. »)
Attention
toutefois car il peut y avoir une incertitude quant à la réception de
l'email par le partenaire, il peut donc être judicieux de demander une
confirmation de la bonne réception du courrier électronique.
Attention aux contrats type qu'il faut adapter à chaque situation.
A. Quelles relations contractuelles un producteur peut-il nouer avec un partenaire pour financer son projet ?
- le contrat de société en participation
- le contrat de coproduction simple
- le contrat de résidence
- le contrat de préachat
a) Quelles sont les caractéristiques d'un contrat de coproduction sous forme d'une société en participation (SEP) ?
Deux
ou plusieurs structures se réunissent pour réaliser ensemble un projet.
Les parties font chacune des apports (en nature, en argent ou en
industrie) et selon les résultats de l'exploitation du spectacle, elles
se répartissent un pourcentage des bénéfices ou des pertes. Au sein
d'une SEP, les mouvements financiers internes n'étant pas des opérations
imposables, les apports et les bénéfices (s'il y en a) ne sont donc pas
assujettis à la TVA.
Cette société n'étant pas immatriculée, elle ne
dispose pas de la personnalité morale. Chaque partie s'engage donc
personnellement dans ses relations avec les tiers sauf s'il y a
publicité de la société.
En pratique, peu de partenaires dans le spectacle ont recours à ce type de contrat.
b) Quelle est la différence avec un contrat de coproduction « simple » ?
Plus
répandu en pratique, il s'agit de la situation dans laquelle un
partenaire (qui n'a pas nécessairement un lieu de représentation)
souhaite soutenir un spectacle en phase de production en faisant un
apport en nature (ex. prêt d'une salle, de décor, de costumes, etc.), en
argent et/ou en industrie (ex. mise à disposition d'une équipe
technique). Les sommes apportées doivent être utilisées pour le projet.
En contrepartie, les coproducteurs demandent généralement à être mentionnés dans les documents de communication de la compagnie.
Si le coproducteur souhaite par ailleurs acheter le spectacle, la cession est généralement formalisée dans un contrat séparé.
Que signifie le terme « droit de suite » utilisé dans certains contrats de coproduction « simple » ?
Ce
terme, issu juridiquement du droit d'auteur*, signifie dans la pratique
du spectacle vivant que les parties au contrat de coproduction ont
prévu qu'en contrepartie de son apport, le coproducteur percevra un
pourcentage de la billetterie sur des dates de représentations
précisément déterminées.
* les auteurs d'œuvres graphique et
plastiques bénéficient d'un droit de suite sur leurs œuvres en percevant
un pourcentage sur le prix de la revente de l'œuvre qu'ils ont cédée (art. L.122-8 du Code de la propriété intellectuelle).
c) Peut-on considérer une résidence d'artiste comme une forme de coproduction ?
Dans
le cadre d'une résidence, un lieu accueille une équipe de création et
met à sa disposition une salle pour lui permettre de répéter son
spectacle. Il s'agit d'une forme d'apport en nature comme dans les
contrats de coproduction.
En pratique, cette notion recouvre dans le secteur du spectacle des situations variées :
- la durée de la résidence peut être plus ou moins longue ;
- il peut s'agir d'une mise à disposition de salle avec ou sans personnel technique ;
- les frais de logement et de nourriture de l'équipe sont parfois pris en charge par le lieu ;
- etc.
En
contrepartie, le lieu demande parfois à la compagnie d'organiser des
répétitions en public ou d'animer des ateliers. Il est généralement fait
mention de la résidence dans les documents de communication de la
compagnie.
N.B. Les contours de la résidence n'étant pas définis
juridiquement, il est donc préférable de conclure un contrat pour en
déterminer précisément les termes.
d) Quelle est la particularité d'un contrat de préachat par rapport à un contrat de cession ?
Le
contrat de préachat est un contrat de cession alors que le spectacle
n'existe pas encore (il n'a pas fait l'objet de représentations
publiques). Les parties concluent en phase de production un contrat de
diffusion. Cela permet au producteur d'avoir l'assurance de dates de
représentations et de percevoir en amont une autre forme de soutien
financier correspondant à une partie du montant de la cession.
B. Quels contrats conclure avec un lieu pour diffuser un spectacle ?
- le contrat de location
- le contrat de coréalisation
- le contrat de cession du droit d'exploitation d'un spectacle
a) Le contrat de location
C'est
un contrat par lequel un lieu met à disposition sa salle de spectacles
en ordre de marche en contrepartie du versement d'un prix de location.
La compagnie qui loue le lieu récupère la billetterie. Il n'y a aucun
partenariat entre les deux structures.
N.B. Attention si la compagnie a en gestion la billetterie, elle doit en principe détenir une licence de diffuseur (cf. art. D7122-1 du Code du travail).
b) Le contrat de coréalisation
C'est
un contrat par lequel un organisateur et une compagnie vont convenir de
partager les recettes de billetterie d'un spectacle en fonction d'un
pourcentage qu'ils vont librement déterminer et indiquer dans le
contrat.
L'organisateur fournit un lieu en ordre de marche (il est
responsable de son lieu, de son personnel et de la billetterie). La
compagnie quant à elle fournit un spectacle monté et est responsable de
l'embauche de son équipe.
A l'issu des
représentations, les parties établissent un décompte de coréalisation
pour retranscrire les sommes qu'elles vont se partager.
Selon ce qui est prévu dans le contrat, soit :
-
chaque partie perçoit sa part de billetterie et paie ensuite les
différentes charges et taxes (TVA, droits d'auteur, etc.) sur le montant
de la recette brute qu'il reçoit ;
- soit l'organisateur paie l'intégralité des charges et des taxes et verse au producteur un montant net de recettes.
Certains contrats prévoient un « minimum garanti » soit au profit du producteur soit au profit de l'organisateur.
N.B.
Attention, lorsqu'il y a un minimum garanti en faveur de l'organisateur
: si la part de recette touchée par l'organisateur est inférieure à ce
minimum, le complément de recette versé par le producteur à
l'organisateur sera assujetti à 19,60 %.
c) Le contrat de cession du droit d'exploitation d'un spectacle
C'est
un contrat par lequel un lieu de diffusion achète un spectacle à un
producteur en contrepartie d'une somme forfaitaire évaluée
principalement en fonction des coûts du spectacle. Le partenariat avec le lieu est assez fort.
Qu'entend-on par frais d'approche ou « plus, plus » dans un contrat de cession ?
Dans la pratique du spectacle vivant, on entend par frais d'approche :
- les frais liés au transport du matériel et du décor ;
- les frais de déplacement de l'équipe (logement, nourriture et transport).
Même
s'ils font l'objet d'une facturation distincte, ils sont un élément du
prix de la prestation et sont donc soumis au même taux de TVA que le
contrat de cession (5,5 %).
Il est donc important de prévoir en
amont si la compagnie fait l'avance de ces frais (TVA à 5,5% lors de la
refacturation) ou si l'organisateur en règle certains directement.
Les frais de déplacement des salariés de la compagnie peuvent-ils être réglés directement par l'organisateur en liquide ?
Il
est de la responsabilité de la compagnie en tant qu'employeur de régler
les frais de déplacement de ses salariés (frais réels justifiés par une
facture ou indemnités prévues dans la convention collective qu'applique
la compagnie). Ceux-ci peuvent être perçus :
- soit sous la même forme que le salaire (chèque ou virement) ;
- soit en liquide à condition de faire l'objet d'un reçu signé par l'employeur et le salarié.
Afin
d'éviter d'une part, à la compagnie de faire l'avance de ces frais et
d'autre part, à l'organisateur de régler une TVA à 5,5% sur leur
montant, l'organisateur peut les verser directement aux salariés de la
compagnie (en chèque ou en liquide). Ces derniers devront dans ce cas
signer un reçu pour l'organisateur ainsi que pour leur employeur.
N.B. Pour des détails sur les remboursements de frais professionnels, consultez le site de l'URSSAF.
Quelle est la marge de liberté dont disposent les partenaires dans la rédaction de leur contrat ?
Les
contrats du spectacle sont surtout nés de la pratique et sont peu
encadrés par des règles juridiques comparativement aux contrats de
travail (régis par le Code du travail et le Code de la sécurité sociale)
ou aux contrats de cession de droit d'auteur (régis par le Code de la
propriété intellectuelle). Pour autant, il existe des règles en droit
des contrats ainsi que des règles propres au secteur du spectacle
auxquelles les cocontractants ne peuvent déroger :
- la qualification
du contrat donnée par les parties doit correspondre au contenu du
contrat sinon il y a un risque de requalification par les juges ou les
administrations telles que l'Urssaf et les impôts ;
- un contrat doit préciser les obligations respectives des deux parties ;
-
chaque contrat emporte des conséquences fiscales différentes en termes
de TVA auxquelles les parties ne peuvent
pas déroger ;
- etc.
Exemple : un contrat qui serait
qualifié par les parties de société en participation afin d'éviter
l'imposition à la TVA et dont le contenu prévoit un apport en
coproduction sans partage de risques pourrait être requalifié en contrat
de coproduction simple et imposé à la TVA à 5,5 %.
Quelle date prévoir pour le paiement des sommes dues ?
Il
est important de prévoir dans le contrat la date de paiement du prix du
spectacle (contrat de cession) ou du partage des recettes de
billetterie (contrat de coréalisation). La plupart du temps, le montant
est versé à l'issu de la représentation ou dans la semaine qui suit.
Attention
certains établissements soumis à un régime de droit public (théâtre
sous régie directe, collectivités, etc.) ont des procédures de paiement
qui peuvent prendre plusieurs mois. Il est préférable d'en être informé
afin de pouvoir anticiper en termes de trésorerie.
Que prévoir dans les clauses d'annulation ?
Les parties peuvent prévoir dans le contrat :
- les cas dans lesquels le contrat sera rompu (accident ou maladie d'un artiste) ;
- les cas dans lesquels il y a report de l'exécution du contrat ;
- les conséquences de l'annulation du contrat par l'un des partenaires (ex. remboursement des frais effectivement engagés) ;
- et parfois, les conséquences de la survenance d'une situation de force
majeure : événement extérieur à la volonté des parties, irrésistible
(difficulté insurmontable) et imprévisible (fait d'un tiers ou force de
la nature). Il s'agit de cas très rares en pratique qui entrainent la
suspension du contrat sans indemnité pour la partie qui subit
l'annulation (ex. guerre, incendie, catastrophe naturelle). Certains
prévoient dans leur contrat des situations qu'elles jugent comme étant
des cas de force majeure (ex. maladie ou accident d'un artiste,
intempéries, etc.). Elles ne seront pas forcément reconnus comme tels
par les tribunaux mais pourront lier les parties sur un terrain
psychologique.
Quels documents peuvent être annexés au contrat ?
-
la fiche technique : dans les contrats de diffusion, les parties
annexent généralement au contrat une fiche technique du lieu et une
fiche technique du spectacle.
La première permet au technicien de la
compagnie de connaître les particularités techniques de la salle
(notamment les conditions de sonorisation et de machinerie).
La
deuxième précise les périodes pendant lesquelles la salle de
représentation (ainsi que le personnel du théâtre et le matériel
nécessaire) seront mis à la disposition de la compagnie pour les
services de montage technique et de répétition.
Les fiches techniques font partie intégrante du contrat.
-
les documents de communication : il est important de se mettre d'accord
en amont sur ce qui va figurer sur la plaquette de saison et sur la
feuille de salle (programme) et notamment la liste des coproducteurs,
des lieux de résidence, des subventionneurs, etc.
Les conditions de
la générale, les rendez-vous avec les journalistes, la captation du
spectacle, etc. pourront par ailleurs être discutées.
Quelle procédure engager en cas de défaut d'exécution par l'autre partie ?
Après
avoir mis en demeure le partenaire défaillant par lettre recommandée
avec accusé de réception sans obtenir d'exécution de sa part, le
contractant lésé peut agir devant les tribunaux.
Selon le cas, l'action est menée devant :
- le Tribunal de grande instance si le litige porte sur une valeur de plus 10 000 € ou un montant indéterminé (L211-3 et suivants et R211-3 et s. du Code de l'organisation judiciaire). Cela nécessite d'être représenté par un avocat ;
- le Tribunal d'instance pour les litiges inférieurs à la valeur de 10 000 € (art. L221-4 et s. et R221-3 et s. du Code de l'organisation judiciaire) ;
- le juge de proximité pour les litiges inférieurs à 4000 € ;
-
le Tribunal de commerce (quelque soit le montant du litige) si le
demandeur et le défendeur sont tous les deux des commerçants ;
- devant le tribunal administratif si le défendeur est sous statut de droit public.
N.B. Les associations en grande difficulté peuvent solliciter auprès du Palais de justice l'aide juridictionnelle.
Quelles garanties exiger de son partenaire en cas de conclusion d'un contrat supérieur à 3000 euros ?
Chaque
cocontractant doit s'assurer que son partenaire respecte ses
obligations sociales et fiscales. A défaut, il se rend solidairement
responsable des dettes de son partenaire. Le Code du travail (art. D8222-5) dresse la liste des documents à solliciter.
En
pratique, c'est souvent l'organisateur qui demande à la compagnie
certains des documents. En théorie, rien n'empêche à la compagnie d'en
faire de même vis à vis de l'organisateur.
Plan de la rencontre :
I. L'importance du budget de production
II. Le temps nécessaire au montage d'une production
III. La traduction budgétaire du projet
A. Les charges - les salaires - les autres postes
B. Les produits - coproductions - préachats/achats - subventions- soutiens privés comme le mécénat ou le parrainage
IV. Le suivi de production
Documents utiles :
- Bibliographie
- Lexique
- Exemple budget 1
- Exemple budget 2
- Exemple plan de trésorerie 1
- Exemple plan de trésorerie 2
- Exemple suivi de production
Fiches du pôle métiers et formation :
- Fiche de poste administrateur et chargé de production
- Liste des formations en gestion des entreprises culturelles
Dernière mise à jour : 9 janvier 2012
Cette FAQ est le fruit de la rencontre qui a eu lieu au CnT le 30 mars 2009 et au cours de laquelle sont intervenus Claire Guieze, administratrice de production du Petit bureau et de la compagnie d'Ahmed Madani et Fabien Méalet, administrateur de production de la compagnie L'envers du décor.
Il est indispensable car il vient traduire de manière financière le projet artistique. Il regroupe l’ensemble des informations nécessaires à la mise en pratique du projet : le nombre d’artistes-interprètes, de techniciens, les exigences techniques du spectacle (décor, costume, création musicale, etc.), la durée envisagée des répétitions, le nombre de représentations prévues, etc.
Le budget prévisionnel est mis en place grâce aux informations données à l’administrateur (ou chargé de production) par le porteur du projet et l’équipe artistique. L’administrateur doit obtenir un maximum d’informations afin d’avoir une idée des coûts liés au spectacle et ainsi déterminer le montant des financements nécessaires.
Le budget se prépare le plus en amont possible et se précise avec les avancées du projet.
Tout en étant un outil de gestion
interne permettant d’évaluer la viabilité d’un projet, le budget
prévisionnel de production est également nécessaire pour démarcher les
futurs partenaires tels que les coproducteurs, subventionneurs,
partenaires privés, etc.
Pourquoi le budget doit-il être équilibré ?
Dans
un budget, le total des dépenses doit forcément être égal au total des
recettes. La nécessité de l'équilibre permet d'évaluer la faisabilité du
projet et d'éventuellement revoir à la baisse les exigences du projet
artistique si celui-ci implique des dépenses supérieures aux produits
espérés. C'est aussi un gage de professionnalisme de la compagnie aux
yeux des partenaires potentiels. La présentation d'un budget
prévisionnel déséquilibré (déficitaire ou bénéficiaire) pourra être un
frein dans la recherche de partenaires.
Après avoir jaugé les aides
possibles, l'administrateur présente au partenaire sollicité un budget
qui doit comprendre le montant de l'aide qui lui est demandé.
Il ne faut donc pas sous-estimer le temps que cela prend de réunir les fonds nécessaires au montage d'une production : recherche de partenaires et surtout de coproducteurs, attente des réponses suite au dépôt des demandes de subventions, etc.
N.B. Il n'est pas recommandé de démarrer les répétitions tant que les produits nécessaires au montage du spectacle ne sont pas réunis.
N.B. Une partie du salaire de l'administrateur (ou du chargé de production) est imputé dans le budget en fonction du temps qu'il consacre à la production.
Les salaires doivent figurer au coût employeur. Il est préférable de prévoir une ligne pour les montants bruts (le SMIC et les montants dans les grilles de salaires des conventions collectives sont en brut) et une ligne pour les charges patronales.
N.B. Le salaire brut = salaire net salarié + charges salariales
Le salaire brut + charges patronales = coût employeur
Une simulation grâce à un logiciel de paie permet d'estimer approximativement les charges patronales :
Si l'artiste accepte l'abattement forfaitaire : environ 45% du salaire brut
Si l'artiste n'accepte pas l'abattement forfaitaire : 65% du salaire brut
Cadres intermittents : environ 56% du salaire brut
Poste technique non cadre : environ 65% du salaire brut
N.B. Pour des explications sur l'abattement, cliquez ici.
• Les autres postes
En fonction du projet, les dépenses sont listées au plus près de la réalité.
Décor/technique,
costumes, frais de répétition (lieu de répétition, frais de transport
et éventuellement frais d'hébergement et de repas), frais de
fonctionnement (assurances, etc.), frais administratifs, etc.
N.B. Certains lieux de spectacles vont à la fois coproduire et acheter un même spectacle.
Les
cessions de spectacle (le lieu de spectacle s'engage sur une somme
forfaitaire pour acheter un spectacle) font partie de la période
d'exploitation, ils n'entrent donc pas dans le budget de production.
Pour des détails sur les différents contrats, consultez le compte rendu de la journée d'information sur les « Pratiques et usages des contrats dans le spectacle vivant ».
Documents utiles :
- Bibliographie et sites utiles
- Liste d'organismes de gestion de la paie dans le spectacle
- Témoignage de la compagnie Théâtre du mouvement
Documents utiles accessibles dans notre rubrique :
- Consultez les conventions collectives : rubrique pôle juridique, fiches juridiques, catégorie droit du travail, conventions collectives
- Exemple de CDD d'usage
- Accord interbranche sur la politique contractuelle dans le spectacle vivant public et privé du 24 juin 2008
- Accord
interbranche du 22 mars 2005 portant définition des champs
d'application des conventions collectives des secteurs privé et public
MAJ : 16/05/2011
Cette FAQ est le fruit de la rencontre qui a eu lieu au CNT le 24 novembre 2008 et au cours de laquelle sont intervenues Ghislaine Lefèvre, chargée de mission au bureau de l’emploi du ministère de la Culture et de la Communication et Ségolène Dupont, administratrice du Théâtre du Mouvement.
1. Les artistes du spectacle salariés
Qu'est-ce qu'une compagnie dramatique ?
cf. la fiche sur la production d'un spectacle professionnel (II.B).
Qu'est-ce qu'un artiste du spectacle ?
Sont notamment considérés comme tels par le Code du travail (article L7121-2) : l'artiste lyrique, l'artiste dramatique, l'artiste chorégraphique, l'artiste de variétés, le musicien, le chansonnier, l'artiste de complément, le chef d'orchestre, l'arrangeur-orchestrateur, le metteur en scène pour l'exécution matérielle de sa conception artistique (période des répétitions et des premières représentations pendant lesquelles le metteur en scène assure la direction des interprètes et des techniciens).
Qu'est-ce que la présomption de salariat en faveur des artistes du spectacle ?
Lorsqu'un organisateur de spectacle engage un artiste du spectacle en vue de sa production et moyennant une rémunération, le contrat conclu entre eux est présumé être un contrat de travail :
- la relation contractuelle est donc soumise au droit du travail (notamment en matière de rémunération) ;
- dans l'exécution de sa prestation, l'artiste est sous l'autorité et la responsabilité (lien de subordination) de son employeur, ce qui ne l'empêche pas de rester libre dans l'expression de son art ;
- l'employeur se charge de toutes les démarches administratives liées à l'embauche (charges sociales, etc.).
2. Embauchés par le biais de quel contrat de travail ?Dans quelles situations un employeur a-t-il recours au CDI ?
Comme le rappelle l'accord interbranche du 24 juin 2008 sur la politique contractuelle dans le spectacle vivant négocié par les organisations syndicales d'employeurs et de salariés, le contrat de travail de principe est le contrat à durée indéterminée (art. L1221-2 du Code du travail). Le CDI (à temps plein ou à temps partiel) a vocation à être conclu lorsqu'un salarié a une activité permanente au sein d'une structure. Ce qui est par exemple le cas d'un directeur artistique qui n'est pas seulement metteur en scène mais qui a également la responsabilité des choix artistiques de la compagnie et une mission de développement de celle-ci.
Dans quels cas est-il possible de recourir au CDD dit « d'usage »?
Les employeurs qui produisent des spectacles peuvent recourir au contrat à durée déterminée (CDD) dit «d'usage» (article D1242-1 du Code du travail) pour certains emplois par nature temporaires et dont la liste est dressée dans l'accord interbranche du 24 juin 2008 (annexe C) sur la politique contractuelle dans le spectacle vivant. Cette liste sera reprécisée dans les conventions collectives lorsqu'elles seront renégociées (cf. question suivante sur les conventions collectives).
Le contrat doit être établi par écrit et ne doit pas avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l'activité « normale et permanente » de l'entreprise (art. L1248-1 du Code du travail).
Doit-on forcément conclure un seul contrat de travail pour l'ensemble de la période de production d'un spectacle (répétitions et représentations) ?
Lorsqu'un artiste est engagé pour des répétitions, c'est en vue de la représentation d'un spectacle, les textes du Code du travail sur la présomption de salariat parlent en effet de l'embauche d'un artiste «en vue de sa production». Les contrats de travail doivent dès lors avoir pour finalité la production d'une œuvre de l'esprit devant un public. En pratique, il arrive que des compagnies aient des incertitudes quant aux dates des représentations et ne concluent les contrats de travail que lorsque ces dates sont connues. Dans ce cas, la compagnie et l'artiste ne sont pas engagés l'un envers l'autre tant que le contrat de travail n'est pas conclu.
Est-il possible de recourir au CDI intermittent pour l'embauche d'un artiste du spectacle ?
Non. L'accord interbranche du 24 juin 2008 (annexes A et B) prévoit que le recours à ce type de contrat de travail est exclusivement réservé pour l'embauche de certains personnels et notamment les employés de nettoyage, de caissiers, d'hôtesses de salle.
3. Comment déterminer le montant de la rémunération due ?
Une compagnie de théâtre est-elle obligée d'appliquer une convention collective ?
Dans chaque secteur d'activité, les organisations syndicales d'employeurs et de salariés négocient des conventions collectives. Lorsque celles-ci sont étendues par arrêté du Ministre du travail, elles sont d'application obligatoire pour l'ensemble des structures qui entrent dans leur champ professionnel d'activité.
Consultez les conventions collectives applicables dans le secteur du spectacle : cf. rubrique pôle juridique, fiches juridiques, catégorie droit du travail, conventions collectives
En général, les compagnies de théâtre qui ne disposent pas d'un lieu fixe ont vocation à appliquer :
- soit la convention collective nationale (CCN) du secteur subventionné (celle des entreprises artistiques et culturelles),
- soit celle du secteur privé qui, dans l'attente de la conclusion d'une convention collective du spectacle vivant privé, est la CCN des entrepreneurs de spectacles.
Comme l'indique l'accord interbranche du 22 mars 2005, les conventions collectives ont vocation à couvrir l'ensemble du secteur. Etant donné les négociations actuelles des textes, certaines compagnies du secteur privé peuvent très temporairement ne pas être couvertes par une convention collective. Dans cette situation, elles sont seulement tenues par les dispositions du Code du travail et en matière de rémunération, elles doivent respecter au minimum le SMIC.
S'il y a un doute sur l'application d'une convention collective, il est possible d'interroger les services de l'inspection du travail ou le service convention collective (lorsqu'il existe) de la Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi (DIRECCTE).
Peut-on rémunérer un artiste du spectacle à l'heure ?
Si la compagnie est couverte par une convention collective, elle doit rémunérer ses artistes-interprètes au cachet pour les représentations. Pour les répétitions, la convention des entreprises artistiques et culturelles prévoit une rémunération à l'heure par service de quatre heures non fractionnables (article 3 du Titre 1 de l'annexe artistes-interprètes), celle des tournées prévoit une rémunération au cachet indivisible qu'il y ait un ou deux services de quatre heures (annexe répétitions).
Si la compagnie n'est pas tenue par une convention collective, le Code du travail n'apportant pas de précision sur le mode de rémunération d'un artiste, celui-ci peut être rémunéré à l'heure ou au cachet.
+ cf. la FAQ sur le statut du metteur en scène.
Que signifie mensualiser un artiste ?
Cela concerne la situation d'un artiste embauché en CDI ou en CDD de plus d'un mois. L'employeur verse un salaire mensuel (dont le montant minimum est fixé dans chaque convention collective) indépendant du nombre de jours de travail que comporte le mois.
4. Quelles sont les formalités à effectuer par l'employeur ?
Quelles sont les formalités à effectuer en cas d'embauche ?
- effectuer la déclaration unique d'embauche : DUE (www.due.fr) ;
- transmettre au salarié son contrat de travail signé par lui-même et par l'employeur au plus tard dans les deux jours ouvrables suivant l'embauche (art. L1242-13 du Code du travail). Pour les contrats d'une durée inférieure à 48 heures, le contrat doit être remis signé au plus tard le premier jour de l'engagement ;
- remettre le bulletin de paie au moment du versement de la rémunération ;
- remettre à la fin de chaque contrat de travail dans le mois une attestation d'employeur mensuelle (AEM).
Ne pas oublier d'effectuer dans les délais prévus à cet effet les déclarations et le paiement des cotisations sociales auprès des organismes sociaux et d'adresser chaque année la DADS à la caisse nationale d'assurance maladie (Cnav).
Quelles sont les mentions obligatoires à faire figurer sur le registre unique du personnel ?
Les employeurs quelque soit leur effectif doivent tenir à jour un registre unique du personnel (articles L1221-13 et suivants du Code du travail) sur lequel doivent figurer, par ordre d'embauche, les noms et prénoms de tous les salariés travaillant ou ayant travaillé dans l'établissement, y compris les salariés en CDD d'usage (pour les mentions complémentaires cf. l'art. D1221-23 du Code du travail).
La tenue d'un livret de paie est-elle toujours obligatoire ?
Non depuis une loi du 2 juillet 1998. Cependant l'employeur doit conserver pendant cinq ans au moins les bulletins de paie afin d'être en mesure de les présenter à tout moment en cas de contrôle.
